Le LPR tombe du côté obscur

Par Patrick Pessis

 

 

Chers amis,

Le groupe Lagardère a donc choisi. D’abord le mépris : les travaux ont commencé dans le parking, le projet de dévastation du club-house est en marche. Ensuite, le manque politesse : ces derniers mois, nous avons demandé des rendez-vous aux décideurs de la rue de Presbourg, ils n’ont jamais répondu. Cependant, ne désespérons pas !

Voici les faits.
Fin janvier, Arnaud Lagardère annonce à ses co-gérants que les travaux sont suspendus. Bonne idée que ce temps de réflexion afin d’élaborer un projet moins onéreux et plus rassembleur.
Hélas, un mois plus tard, Arnaud Lagardère décide que les travaux, finalement, auront lieu.
Qui l’a fait changer d’avis ?
1/ La direction du site de la Croix-Catelan ? Peut-être. Mais pas sûr. Car dans ce cas ces dirigeants du site sont sourds, tant la totalité des membres du LPR rejette les travaux tels que les projette le Groupe Lagardère, tout en approuvant, à l’unanimité, une belle réhabilitation.
2/ Les financiers ? Possible. Mais dans ce cas, ils sont incompétents : comment dépenser autant d’argent pour un projet qui ne tient pas la route économiquement.
3/ Les juristes ? Probable. Le LPR a promis à la Mairie de faire des travaux. Et alors ? D’abord, tout se négocie. Ensuite, ces travaux ne concernent pas forcément le seul club-house (voir l’état du snack, du jardin d’enfants, des courts de tennis). Enfin, sans offenser nos amis femmes et hommes de loi, citons Winston Churchill : « Un juriste dit le droit. Un dirigeant dit le bien. Une entreprise dirigée par ses juristes, c’est une tasse de thé sans cuillère où tournent des gros doigts pour faire fondre le sucre, on en fout partout à côté » … Laissons à Winston la responsabilité de ses propos.

Quelle solution constructive nous reste-t-il puisque les travaux auront lieu ?
Considérons qu’avant le premier coup de pioche contre le club-house, tout peut être amélioré : supprimer des bureaux pour ajouter des casiers, réviser l’esthétisme hall de gare et soute de cargo tchéchène.
Considérons qu’Arnaud Lagardère a été mal conseillé, ne prêtant qu’une oreille distraite aux affaires du LPR, grain de sable dans son Groupe. Dès lors, il nous faut faire un peu de bruit pour alerter ce grand patron sincèrement amoureux du sport.
Ce bruit se doit d’être juridique, médiatique et politique.
Pour cela, nous, membres du club, devons être unis, non contre, mais pour le LPR, afin d’avancer ensemble, c’est son intérêt et le nôtre.
En résumé, notre combat consiste à convaincre le LPR de choisir la raison :
– Rajouter le plus de casiers possible.
– Améliorer l’esthétique envisagée pour le club-house.
– Oublier son projet de séminaires d’entreprise.
– Installer ses bureaux en dehors du site sportif comme tout club digne de son nom (le Groupe Lagardère possède des locaux rue de Presbourg et avenue Malakoff).
– Baisser les cotisations pendant les travaux (ou baisse significative en 2014).
– Ne pas augmenter les cotisations de 20 à 30% comme prévu après les travaux.
– Aider le LPR, brouillé avec la Mairie, à exhorter cette dernière qu’il est impératif de rouvrir une voie d’accès parisienne : en cas d’accident sur le site, un retard des secours risque d’être mortel.
Cesser de trahir ses belles promesses sportives de 2006 quand le Groupe Lagardère faisait les yeux doux à la Mairie de Paris. Aujourd’hui, la plupart des sections disparaissent, tennis et natation se réduisent comme peau de chagrin ; les enfants, plus nombreux par classe, voient s’évanouir un grand choix d’activités. Le projet sportif du LPR est mort. Son projet économique aura le même destin. On ne vend pas impunément son âme. D’autant moins en la vendant pour des prunes.

Très vite, un prochain courrier détaillera nos initiatives et SOS Croix-Catelan lancera un appel de cotisations (20 euros par personne, 50 par famille) afin de mettre en œuvre ses différentes actions.

Une date de début des travaux scandaleuse !
Les travaux commencent début août. Pour finir en septembre 2014. Au mieux, ce seront donc deux étés d’affilés pourris par ces travaux. La totalité des membres du club, au-delà de SOS Croix-Catelan, espèrent que les décideurs du Groupe Lagardère, lesquels, depuis le début, nous ont toujours considérés comme des clients qui doivent se taire ou s’en aller, auront pour une fois le souci d’accéder à notre demande la plus simple : ne commencer les travaux que fin octobre !
Ce serait un geste bien venu que de ne pas nous gâcher deux étés, de nous laisser profiter d’une belle saison qui débute tardivement, d’autant que le LPR, toujours bien organisé, ferme quinze jours la grande piscine la première semaine ensoleillée de l’année, vidange nécessaire, mais qui aurait pu avoir lieu plus tôt, par temps froid ou nuageux (de plus, alors que 3 lignes sur 5 du petit bassin sont réservés aux entraînements, ce qui est naturel, les 5 lignes sont régulièrement occupées, privant ainsi les membres de natation).
Bref, nous vous recommandons d’exiger auprès des dirigeants du site un début des travaux en octobre ; eux qui vivent le club au quotidien, auront peut-être le cœur de faire remonter ce souhait de bon sens aux décideurs dans leur bulle, comme ils ont réussi à convaincre ces financiers de faire un effort avec la restauration, dont la qualité s’est grandement amélioré, et nous les en remercions.

Gonzague
Nombreux parmi vous ont apprécié la lecture sur le site de SOS Croix-Catelan d’une lettre d’un membre du LPR, fin connaisseur du Club, sur ce qui nous attend pendant les travaux: drôle et inquiétant. Nous la publions sous la rubrique Le billet de Gonzague. Ce lien vous y emmènera :
http://www.soscroixcatelan.com/category/le-billet-de-gonzague/

Voilà. A très bientôt,
Sportivement vôtre,
Patrick Pessis

Post-Scriptum
Nous remercions le Racing Club de France, lequel, fort de son histoire sur le site de la Croix-Catelan qu’il a créé, animé et géré pendant 126 ans, a offert ses conseils amicaux au LPR. Le RCF écrit à ses membres fidélités : « Des travaux sont nécessaires, mais faut-il pour autant transformer de fond en comble le club-house et proposer un parti pris d’aménagements aussi éloignés des besoins objectifs des membres et de surcroît esthétiquement peu compatible avec la recherche d’une atmosphère conviviale et chaleureuse ? Nous ne le pensons pas et nous avons proposé une collaboration au LPR pour lui apporter notre expertise sur l’organisation future du site »
En un temps où le LPR ne sait pas où il va, où il supprime des sections sportives (dernièrement le pentathlon et le triathlon) et où le RCF, avec 3 francs six sous, créé des sections, jusqu’à reprendre l’athlétisme abandonné par le LPR, Arnaud Lagardère aurait raison d’écouter ces conseillers qui lui veulent du bien et qui connaissent leur sujet. SOS Croix-Catelan lui a demandé un rendez-vous, répondra-t-il, sans doute non, cela n’est pas grave. En revanche, nous conseillons à ce grand patron de recevoir et d’écouter les dirigeants du Racing Club de France. Peut-être est-ce le temps d’un partenariat entre le LPR et le RCF. Retournement de situation ? Sais-ton jamais. L’histoire est parfois si drôle.
« Que de lettres on n’écrit que pour leur post-scriptum » Sacha Guitry.

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