Le temps se gâte ​

Par Patrick Pessis

Chers amis,

Autant le dire franchement, les nouvelles ne sont pas rassurantes. Surtout par leur absence. Comme à son habitude, le LPR communique au compte-goutte, cultivant un flou plus artistique que ses projets de décorations. Les responsables connaissent nos préoccupations et nos propositions, ils les ont écoutées et nous ont promis d’y réfléchir. Examinons leurs réflexions.

LA RESTAURATION

Cela fait des mois que le LPR cherche un repreneur, aucun n’est intéressé. Comment peut-il en être autrement avec un loyer prohibitif et un club en travaux pendant deux ans !

Cela fait des mois que le LPR négocie avec le concessionnaire actuel, lequel aurait accepté de rester jusqu’à l’arrivée d’un successeur éventuel ; cela promet ; car, de toute évidence, les négociations ne portent pas sur la qualité des prestations : au snack, rien ne change, ni la nourriture (avez-vous goûté la paella accompagnée de produits fossiles datant du néolithique), ni la propreté, ce qui enchantent pigeons et moineaux, lesquels se servent allégrement sur les étals et les plateaux, puis se laissent aller sur les tables et les chaises que personne ne nettoie.

Pendant ce temps-là, le LPR réfléchit toujours. A ce train-là, il n’y aura bientôt plus de restauration au club, mais au moins nos chaises seront propres.

LES TRAVAUX

Nous avons répété aux responsables du LPR l’absurdité de leur projet :

20 millions de travaux, au minimum six millions de recette en moins à cause des membres qui se mettront en congé, la quasi-totalité du club (au-delà même de SOS Croix-Catelan) vent debout contre la suppression des casiers, l’impossibilité de trouver des nouveaux membres, lesquels ne paieront pas un droit d’entrée pour un service bas de gamme.

Le bon sens de nos propositions qui nous ont valu de votre part un accueil chaleureux et dont nous vous remercions, ce bon sens qui conseille au LPR de faire autour de 7 millions de travaux (une économie de presque 20 millions), ce bon sens a recueilli, jusqu’à ce jour, de la part du Lagardère Paris Racing, une oreille attentive, aimable, et sans doute compréhensive, ce dont nous le remercions. Mais ne soyons pas dupe ! Le LPR réfléchit toujours, et dans ce cas précis, peut-être pour nous endormir.

En effet, porte B, à l’entrée du parking sous terrain, une affichette annonce que le parking sera inaccessible à partir de janvier 2013 en raison de son aménagement pour accueillir des activités et des services durant les travaux du club-house ; travaux que le LPR avoue enfin durer deux ans, alors qu’il ne parlait jusqu’à présent que d’une année. Ce n’est pas très bon signe.

Lors de conversations privées avec des membres qui l’interrogent sur les travaux,
Eric Deblicker répond : « Nous sommes en train de revoir notre copie » Est-ce bon signe ?
Pas forcément.  N’ajouter que 500 casiers serait de la poudre aux yeux.

Pour aider le LPR à réfléchir, puis à prendre les bonnes décisions, faisons toujours confiance à certains de ses dirigeants, mais demeurons vigilants. Ainsi, nous engageons un recours contentieux.

UN PROCÈS

Le recours gracieux contre la Mairie de Paris qui a délivré le permis de construire arrivant à son terme, sans nouvelle de la Mairie, sans nouvelles précises de la « copie » revue par le LPR, notre avocat vient de déposer un recours contentieux contre ladite Mairie. Ce recours peut être retiré à tout moment, dès que le LPR présentera un projet conforme à nos intérêts et aux siens.

Car c’est là le grotesque de la situation : le projet du LPR est mauvais pour lui et pour nous ; avec ces travaux insensés, il dépensera un argent inutile, et les travaux terminés, il continuera d’en perdre, sauf à doubler la cotisation.

Le projet du LPR a été concocté par des gens qui n’ont jamais mis les pieds à la Croix-Catelan, qui ne savent pas ce qu’est une vie de famille dans un club et qui probablement s’en moquent ; ils espèrent, au bout du compte, faire entrer 3000 personnes ; mais ces nouveaux membres demeureront virtuels : personne n’acceptera de payer un droit d’entrée élevé pour n’avoir pas de casier ; d’où la possibilité que le LPR réserve une bonne part des 6000 casiers à ces nouveaux venus, privant les membres actuels de leur droit au vestiaire.

Ce procès est un message de fermeté au LPR, et par-delà au Groupe Lagardère, au sein duquel, nous le devinons, des clans s’affrontent au sujet de la Croix-Catelan.  D’abord, il y a les grands managers qui ne veulent surtout pas s’en mêler ; on peut les comprendre, quoiqu’on s’étonne de ne les voir dresser aucune oreille lorsqu’on parle d’une économie de 20 millions d’euros et d’une faillite annoncée du LPR post-travaux. Ensuite, voici les financiers et les francs-tireurs qui nous prennent pour des clients (ce que nous sommes) et nous traitent comme des employés malhonnêtes (ce qui nous semble exagéré à la Croix-Catelan comme ailleurs), qui au fond nous méprisent et dont le but est de faire fuir du club le plus de gens possible, afin, rêvent-ils, d’en faire entrer le plus grand nombre. Enfin, il y a aussi des dirigeants dont la culture, la sagesse, l’écoute, et même, s’il faut flatter un peu, l’humanisme à la Jules Rimet (chantre de l’intégration par le sport et les arts), des dirigeant que leurs qualités devraient pousser à la raison ; ces derniers auront-ils le cœur (entendez ici la bienveillance et le courage) de convaincre, voire, au besoin de se battre contre les tenants de la fuite en avant, du gâchis, de la ruine ? C’est toute la question ; espérons qu’il ne faudra pas attendre l’issue d’un procès pour la trancher !

RUMEUR SUR UNE HAUSSE DES COTISATIONS 2013 DU LPR

Des fuites précises et fiables venues du LPR (ne dévoilons pas nos sources) font état d’une baisse de moitié du prix des casiers (la moindre des choses puisqu’il faudrait les libérer en juillet), associée à une hausse de 2% des cotisations, alors que nous en demandons la baisse significative suite à la perte de jouissance occasionnée par les travaux ; c’est une question de bon sens, de respect, donc de principe, sans exclure, au cas où, d’en faire là aussi une question juridique.

LA SÉCURITÉ AUTOUR DE LA CROIX-CATELAN

La fermeture des accès parisiens au club (due pour partie à la mésentente entre la Mairie et le LPR) a diminué le flux de véhicules : moins de passage augmente l’insécurité. La nuit tombant plus tôt, trois femmes, membres du club, ont été agressées depuis début octobre ; deux se rendaient à leur voiture, l’une arrivait en vélo. Nous demandons au LPR d’alerter la ville de Paris, ou d’améliorer lui-même l’éclairage autour du site.

LE BUREAU DE SOS CROIX-CATELAN

Nous sommes heureux de vous présenter le bureau de votre association :

Françoise Rémoville. Valérie Schauman. Julie Banc. François Parion. Christophe Wargny. Arnaud Bugat. David Driguez. Alexis Merle. Et son président, Patrick Pessis.

Neuf membres de la Croix-Catelan, certains depuis leur naissance, d’autres depuis l’arrivée du LPR. Chacun de nous sommes différents, ensemble nous représentons la diversité du club. Tous sommes très attachés à la vie (donc à la survie) de la Croix-Catelan, club sportif et familial.

 

Voilà. L’heure n’est pas encore venue de rebaptiser SOS Croix-Catelan. Faudra-t-il attendre 2026, la fin de la concession et l’arrivée d’un nouveau repreneur, pour enfin s’appeler  Les Amis de la Croix-Catelan ? Ne désespérons pas de Lagardère. Nous voulons que le LPR réussisse. Nous voulons que le LPR rentabilise le site. Aujourd’hui le LPR n’est pas aimé (c’est une litote) ; son rêve serait de vider le club de ses membres pour encaisser 15000 droits d’entrées. Qu’il rêve ! Nous ne partirons pas. Pour réussir, le LPR doit se faire aimer. Comment faire venir des nouveaux membres lorsque le bouche à oreille francilien raconte comme il fut détesté (et détestable), comme il méprise encore les familles, si l’on s’en tient à son projet. Nous voulons aimer le LPR. Ce sera grâce à la sympathie que nous lui porterons et que les 12000 membres du site exprimeront à leur entourage, que viendront s’inscrire des nouveaux membres. Mais le LPR veut-il se faire aimer ? Si oui,
il rentabilisera le site. Si non, il court à sa perte.

A très bientôt.

Sportivement vôtre,

Patrick Pessis.

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Une réponse à Le temps se gâte ​

  1. Liguilly Guy dit :

    Tout à fait d’accord avec vous. Cependant, pour se faire aimer des « membres », le groupe Lagardère va devoir se retrousser quelques manches !