Nouvel Elan

Chers amis,

Au début de cette première lettre, je tiens à remercier Jean-Pierre Léon et les membres du bureau de m’avoir confié la présidence de SOS Croix-Catelan. Sous la direction ferme et diplomatique de Jean-Pierre, et grâce à votre mobilisation, nous avons convaincu le groupe Lagardère de renoncer au premier projet absurde de destruction totale des vestiaires. Cela eut un prix : l’exclusion du club de cinq membres du bureau (une année en ce qui me concerne) et de plusieurs membres du LPR dont le seul tort avaient été de soutenir notre action. Le but recherché était de casser notre association et de vous faire peur, afin d’empêcher votre engagement à nos côtés. Bien sûr, cette stratégie échoua. Ces péripéties appartiennent au passé et nous devons penser à l’avenir, d’autant qu’un autre résultat positif suivit, sorte de bienfait collatéral : la nomination à la tête du LPR d’Eric Deblicker, lequel, enfant du club, apporta son savoir-faire et sa convivialité, ce dialogue qui nous avait tant manqué ; en un mot, il ne nous menace pas de renvoi lorsque nous ne sommes pas d’accord, ce qui peut être considéré comme un grand progrès.

Après deux ans de batailles, la majorité du bureau de SOS Croix-Catelan a décidé de prendre du recul, mais je sais pouvoir compter sur leur soutien et leur conseil. Un nouveau bureau s’est constitué qui vous sera présenté dans un prochain courrier.

Dès lors, nous voilà prêt pour un « nouvel élan ». De notre côté, la partie se jouera l’esprit amical ; c’est d’ailleurs toujours ainsi que cela commence ; mais cette fois, cela pourrait durer car nous croyons le LPR plus ouvert au dialogue. Cependant, l’inquiétude demeure quant à deux problèmes essentiels, la restauration et surtout les travaux du club-house. Sur ces deux sujets, Eric Deblicker n’a finalement que peu de pouvoir ; c’est sans doute dommage ; au-dessus de lui, au sein du groupe Lagardère, nous savons que des dirigeants compétents et raisonnables sont à l’écoute, il faudra les convaincre, afin qu’eux-mêmes, occupés à des tâches plus importantes que nos soucis, prennent le temps de faire pencher la balance du côté de la raison, profitable à tous, et non vers la folie et le gâchis.

Premier problème : la restauration.

La situation est désespérante. Au snack, rien à manger, ou trop souvent de l’immangeable, sauf pour les pigeons qui ont accès libre au buffet des entrées ou aux plateaux que personne ne débarrasse, pour cause de réduction du personnel (ne parlons pas des chaises et des tables maculées de déjections d’oiseaux et jamais nettoyées) ; ce manque de personnel, entraîne au restaurant, une heure d’attente avant d’être servi, resto où l’on nous « offre » le week-end un brunch de plus en plus réduit pour une addition égale. Bref, la Bérézina ! Cette catastrophe suit de près le Waterloo du précédent restaurateur ; en effet, le concessionnaire actuel a décidé lui aussi de jeter l’éponge (fin décembre), se contentant d’un service que l’on ne peut même pas qualifier de minimum, ce qui est un manque de respect pour les membres du club. A sa décharge, il n’est pas le principal responsable. Tant que le LPR demandera au concessionnaire de la restauration un loyer prohibitif, ce sera toujours Trafalgar au menu. Il est impossible, que le prochain exploitant, quel qu’il soit, rentre dans ses frais, et dès lors propose une nourriture et un service correct. Y aura-t-il même un prochain exploitant si rien ne change ? Le LPR peine à trouver un remplaçant. Qui serait assez fou pour venir dans de telles conditions, surtout avec l’épée de Damoclès des travaux du club-house.

Notre solution :

Il y en a deux. Ou bien baisser le loyer du concessionnaire de la restauration, voire le supprimer, quitte à prendre un pourcentage sur les recettes. Ou bien internaliser la restauration, c’est à dire engager un professionnel,
le salarier, l’intéresser aux bénéfices. Bref, le LPR ne doit pas oublier qu’avant d’être un moyen de profits, la restauration est un service dû aux membres ; cela n’empêche en rien les bénéfices si nos deux solutions sont bien gérées.

 

Deuxième problème : les travaux du club-house.

C’est le problème principal, car la restauration, à court ou moyen terme, s’améliorera, mais les travaux engageront le site pour trente ans. Ce projet de travaux est moins catastrophique que celui de 2010, il n’en demeure pas moins extrêmement préjudiciable pour les membres et pour le LPR lui-même.

Le projet du LPR :

Tout casser à l’intérieur. Construire 3000 vestiaires hommes au sous-sol. 3000 vestiaires femmes au 1er étage. Ces vestiaires sont prévus en trois tailles, les plus grands de taille inférieure aux casiers actuels, juste y range-t-on un sac de tennis, dès lors trop étroits pour un parent et un enfant. Les vestiaires seront attribués en priorité aux membres qui paient la cotisation tennis, faisant ainsi des nageurs, des coureurs et des amateurs de gymnastique des membres de second ordre.

Le rez-de-chaussée verra doubler la salle de musculation et le reste sera consacré (en gros) à la boutique, à de nombreux bureaux et au restaurant.
En outre, des salles de réunions et des bureaux sont prévus au 1er étage. Pour l’esthétique, les photos présentées augurent un goût des décorateurs à la hauteur de la « merveilleuse » rénovation du bar anglais, du restaurant et du snack, laquelle ferait passer Attila pour un disciple de Mansart. Voilà le rez-de-chaussée transformé en hall de gare ; le groupe Lagardère aurait du s’intéresser à la SNCF plutôt qu’au RCF.

Des vestiaires provisoires seront érigés dans le parking et sur la piste olympique.

Le LPR nous annonce un an de travaux, ils prévoient dix-huit mois sur les permis de construire, avec les retards normaux, nous en aurons pour deux ans. Tout cela coûtera autour de 20 millions d’euro.

Problèmes pour les membres :

– Un club quasi impraticable pendant deux ans de travaux, des nuisances continues, bruit, poussières, etc…
– Ni sauna, ni hammam pendant deux ans.
– Pas de baisse de cotisation prévue pendant les travaux.
– A l’arrivée :
Il manquera plus de 3000 casiers pour continuer à profiter normalement du site, donc beaucoup de familles seront sans vestiaire ; et pour les plus chanceux, vu la taille des casiers, il sera difficile de faire cohabiter un parent avec 1 ou 2 enfants.

Une hausse annoncée des cotisations d’au moins 20% afin de payer les travaux.

Problèmes pour le LPR :

– 20 millions d’euro de travaux.
– Entre 25 et 30 % de membres qui se mettront en congé, donc autour de 3 millions d’euro de recette en moins par an.
– 10 % de départs définitifs
– Une ambiance délétère au sein du club.
– A l’arrivée :

De l’argent perdu dont les 3 millions d’euro juste pour les vestiaires provisoires.

Une grande déception : si le LPR mise sur les départs de membres pour toucher les droits d’entrée des nouveaux venus, qui peut croire que des personnes voudraient s’acquitter de ces droits élevés sans avoir de casier. D’autant que le LPR devrait avoir une vision à long terme ; la Croix-Catelan est conçue pour accueillir 14000 membres (nous sommes un peu plus de 12000 aujourd’hui) ; à terme, avec le projet du LPR, ce sont donc au moins 5000 membres qui déambuleront dans les allées avec leurs affaires de tennis et de piscine sans savoir où se changer.

Le LPR répond qu’il a l’obligation d’une mise aux normes et doit, par contrat avec la ville de Paris, faire 30 millions d’euro de travaux sur le site. Nous verrons que la mise aux normes peut se faire pour beaucoup moins cher. Sur les 30 millions, dix ont été consacrés à la piscine, une réussite, car sur ce dossier le LPR écouta les professionnels de la natation (aujourd’hui les financiers qui ne connaissent rien à la vie du club décident, et confient le projet à des architectes de « resto d’entreprise »). Reste donc une vingtaine de millions. D’abord, le LPR peut négocier avec la ville de Paris une réduction de cette obligation de travaux, arguant qu’à la signature de la concession les accès du club par Paris étaient ouverts, qu’une autorisation (refusée aujourd’hui) de courts couverts était envisagée ; la ville qui touche déjà 3 millions de loyer annuel aurait du mal à contester cette réduction ; nous soutiendrons le LPR sur ce dossier. Ensuite, si le LPR tient à faire 20 millions de travaux, rien n’oblige à les concentrer sur le club-house ; il serait bien venu de rénover le jardin d’enfants à l’abandon, le snack si peu convivial ainsi qu’une bonne vingtaine de courts de tennis.

Notre solution :

1/ Un aménagement du rez-de-chaussée :

– Agrandissement de la salle de musculation (installation de nouvelles machines) soit en prenant sur l’accueil et les bureaux, soit sur les vestiaires pullman.
– Suppression du salon Roger Danet et de la salle de télévision pour y replacer les pullmans ou l’accueil et la boutique.
– Rénovation du bar anglais et du restaurant par un architecte et un décorateur spécialisés.
– Au lieu de monter d’un étage la salle de bridge, on la laisse à sa place.

2/ Pour le reste du club-house, peinture et réfection :

– On refait les salles de douches et les sanitaires. On refait le sol, on repeint les murs.
– On installe une nouvelle chaufferie.

3/ Pour la mise aux normes :

– Les pompiers nous ont confirmé qu’il suffit d’une couche de peinture ignifugée sur les casiers, voire de mettre au plafond des sprinklers (extincteurs automatiques à eau)
– Pour les accès handicapés, nous installons un ascenseur, nous réduisons la taille des bancs dans les rangées entre les casiers, nous installons des toilettes et des douches appropriées.

4/ On refait le couloir entre les vestiaires et la piscine.

5/ On réaménage le snack : suppression des toilettes, installation d’un vrai bar, de télés et d’un mobilier autre que celui d’une cafétéria d’autoroute.

Notre projet, selon plusieurs architectes, coûte autour de 7 millions d’euro pour six ou huit mois de travaux, sans interdire l’accès aux vestiaires.
Il correspond à l’intérêt de tous, membres du club et LPR réunis. Bien sûr,
il n’est pas de marbre, c’est son esprit qui compte : la bonne pratique familiale du sport loisir.

Votre association a déposé un recours gracieux contre la mairie de Paris qui a déjà délivré le permis de construire. Nous préparons le recours contentieux. Cette action sera retirée si le LPR présente un projet acceptable.

Dès maintenant, n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires et suggestions. Et transmettez ce mail à vos amis qui ne sont pas encore membres de l’association. Nous organiserons bientôt une pétition via le site internet.

Pour conclure, souhaitons que la raison l’emporte. Ainsi, bientôt, nous pourrions débaptiser « SOS Croix-Catelan », lui trouver un nom plus convivial, comme « Les Amis de la Croix-Catelan » Il faut y croire. J’y crois.

Sportivement vôtre,

Patrick Pessis

 

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3 réponses à Nouvel Elan

  1. Fk dit :

    Bravo et merci

  2. Carlotti dit :

    Bravo pour votre association… elle évitera peut-être le saccage de la Croix Catelan, mais cela n’est pas gagné d’avance..!!
    Une remarque :
    Le LPR a quelques arguments a présenter à la Mairie de Paris… notamment que les conditions d’attribution de la concession ont changé. Je veux parler des modifications d’accès à la Croix Catelan qui ont eu comme conséquence une baisse de la fréquentation de la restauration… c’est très compliqué pour inviter des amis ou partenaires en affaire.
    Avec un bon avocat, il y a moyen de faire modifier les intentions absurdes du LPR.
    Personnellement, si le projet reste en l’état, je me mettrai en congé pour 2 ans..!!
    Cordialement
    Pierre Carlotti

  3. Gilbert dit :

    Bravo pour la pertinence de votre article. Il reflète parfaitement le ressenti des « membres ».