TOUT ÇA POUR ÇA !

Par Patrick PESSIS   

Chers amis,

Le Club-House est enfin achevé. Certains d’entre vous, un brin excessifs, s’écrient :
« Rendez-nous les algeco ! » ; quelques uns, plutôt aveugles, s’exclament : « C’est Versailles ! » ; d’autres, plus lucides, se souvenant des précédents travaux du LPR,
se disent : « Ça aurait pu être pire » En vérité, une grande majorité est mécontente ;
et parmi ceux qui, à la fin des deux ans de chantier, heureux de retrouver leurs vestiaires, posaient un regard indulgent sur le résultat, la plupart, quelques semaines plus tard, après usage, sont exaspérés. Bref, la colère monte.

D’abord les réussites.
– La salle de musculation est formidable. Pour les amateurs, le choix des machines est large, moderne, et accessible à tous, quelque soit notre niveau. Pour les profanes qui qualifiaient autrefois ces machines d’instruments de torture, à présent, ils ont envie de les utiliser.
– Le couloir d’accès à la piscine est propre et beau. Il ne peut plus être appelé, comme avant sa rénovation, « le couloir de la mort »… sauf, bien entendu, par les membres qui sont tombés en glissant à l’entrée du couloir ; depuis, le LPR a posé un tapis antidérapant.
– Les vestiaires sont esthétiquement réussis.
– Le déroulement de la livraison du Club-House aux membres s’est finalement très bien passé. Malgré des incidents informatiques, les équipes du LPR ont été patientes, souriantes et efficaces. Nous tenons ici à les féliciter. Et à les remercier.

Nous ne donnerons pas d’avis sur la déco.
Les goûts et les couleurs, ne se discutent pas. Quoique… Mais tant mieux pour ceux à qui la déco convient ! Pour les autres, ce n’est pas le plus grave, on peut toujours changer le mobilier et repeindre les murs, donc rien d’irréversible.

Les échecs. Un Club-House beaucoup moins fonctionnel.
1/ La circulation est un véritable fiasco. Les architectes des années 30 jusqu’à leurs successeurs de 1990, ont conçu, préservé et amélioré un cadre et un système exceptionnels: de chaque point des vestiaires nous pouvions accéder, sans en sortir,
à toutes les activités du Club-House ; aujourd’hui, pour aller vers les saunas, le hammam ou les piscines, nous nous croisons, hommes et femmes, en tenues légères, dans les couloirs, les escaliers, les ascenseurs, et même, nous nous croisons nus en face des absurdes vestiaires à la journée placés dans un passage mixte ; la légèreté des tenues, comme la nudité sont tout à fait charmantes, pas forcément dans les couloirs du LPR et devant des enfants.
Bien sûr, il fallait faire des travaux, personne ne le nie. Le LPR pouvait rénover, créer de nouveaux casiers, des douches et des sanitaires sans tout casser. A présent, à cause d’architectes qui n’ont sans doute jamais conçu de centres sportifs, nous nous retrouvons avec une circulation labyrinthique et, en plus, une gigantesque place perdue ; le Groupe Lagardère, en choisissant ces architectes, a commis une grave erreur, car cela ne pourra pas être amélioré.
2/ Les casiers sont plus petits et plus chers. Pas de plateau intérieur. Impossible d’y ranger les affaires d’un adulte et d’un enfant. Ni d’un adulte pratiquant plusieurs disciplines sportives. Ils seront même impraticables avec des vêtements d’hiver.
3/ Les vestiaires du deuxième étage étaient les plus beaux, les plus lumineux du Club-House ; aujourd’hui, les larges baies ouvertes sur le bois ont été remplacées par des soupiraux, on se croirait au 33ème sous-sol.
4/ Le manque de suivi des travaux est incompréhensible !
Cela entraîne des dégâts majeurs dans le bon fonctionnement du Club-House :
– L’espace entre les rangées de casiers est trop étroit pour y installer légalement des bancs dignes de ce nom. Il faudra y remédier.
– Le peu de patères oblige à poser ses affaires par terre.
– Prises de courant quasiment absente des vestiaires.
– Manque de luminosité dans les vestiaires des étages à causes des vitres sablées aux fenêtres. Chaleur étouffante, manque d’aération partout, jusque dans les casiers, dont les portes n’ont plus d’ouverture, dès lors, rien ne sèche.
– Les saunas, trop petits, sont bien, mais l’absence de salle de repos est malheureuse car les trois transats, toujours occupés, ne font pas l’affaire.
– Les hammams sont plus grands, mais leur pente d’inclinaison va vers un coin dépourvu de siphon de sol, d’où des flaques imposantes et permanentes, sans parler des odeurs qui vont avec.
– Dans la même pièce, des douches juste en face des toilettes. Outre cette incongruité, les pieds nus et les chaussures de ville ou de tennis provoquent, avec les débordements des douches, une bouillie d’eau et de terre.
– Pas assez de douches, donc des files d’attentes les week-ends ensoleillées.
– Pas d’urinoir dans les toilettes hommes.
– Les douches n’ont pas le sol incliné qui permet l’évacuation, l’eau sale coule dans les douches voisines, ce qui entraîne des flaques d’eau savonneuse et stagnante dans la salle elle-même, avec flottaison de cheveux (faut-il mettre un bonnet pour se doucher ?), une odeur d’égout et des fuites dans les étages inférieurs.
– De plus en plus de douches sont fermées car l’eau n’y sort des pommeaux que goutte à goutte. Est-ce le moyen imaginé par le LPR pour éviter les inondations ?
– Les portes vitrées des douches ne sont pas, comme la réglementation l’exige, en verre incassable. Une porte s’est détachée de ses gonds, est tombée sur un enfant et l’a blessé légèrement en se brisant.

Ainsi, les erreurs de conception et le manque de suivi entraînent un risque d’accident. Aujourd’hui, le Club-House c’est Holiday On Ice.
On signale de nombreuses chutes et de blessures qui auraient pu être très graves. Elles sont dues aux flaques glissantes dans les douches et aux revêtements de sol des couloirs. Les personnes à mobilité réduite sont inquiètes. Des affichettes ont été collées aux portes des vestiaires pour nous conseiller de mettre des claquettes afin de ne pas glisser. Est-ce une prudence de juriste ? Le LPR verra-t-il sa responsabilité dégagée en cas de chute ? Est-ce l’apparition d’une « Tong jurisprudence » ? Bref, il est très dommage d’avoir confier les travaux du Club-House à ces architectes, ou de n’avoir pas suivi les travaux, ou les deux.

LE SCANDALE DES COTISATIONS
A la suite des deux ans de travaux, des échecs et des graves dysfonctionnements du Club-House, le LPR, après les14% de hausse des cotisations en 2015, n’annule pas la hausse de 6% prévue pour 2016. Ainsi, nous arriverons presque à 60% de hausse depuis 2007. De plus, avec la hausse de 50% du prix des casiers et la réduction de leur taille d’un tiers, la dérive tarifaire du LPR se poursuit, malgré la suppression des sections sportives, hors le tennis et le bridge. Les membres aux revenus les plus modestes, les retraités, les familles nombreuses, quittent le Club. Cela renforce notre détermination d’intenter les actions juridiques contre le LPR dont la forme est actuellement à l’étude.

Un peu d’espoir.
Le LPR est conscient des carences du Club-House. Certes, on ne met pas un bateau à l’eau sans devoir colmater quelques fuites ; si nous n’en sommes pas encore au Titanic, la situation demeure préoccupante. Cependant nous faisons confiance à la direction du site pour régler ces problèmes. Pourquoi cette confiance ?
La nouvelle équipe mise en place par Eric Deblicker et Benjamin Boulanger est la première, depuis l’arrivée du LPR à la Croix-Catelan, à se préoccuper de ses membres. Nous sommes en désaccord sur bien des sujets, mais Eric et Benjamin ont l’esprit club.

Problème à venir : le restaurant
Le bar du snack n’ouvre qu’à 11 h 30 en semaine. Les membres qui viennent faire leur sport le matin, doivent prendre obligatoirement leur café au bar anglais. Au moins d’avril à fin octobre le bar du snack doit être ouvert aussi tôt que le bar anglais.
Le LPR a autorisé le concessionnaire de la restauration à ouvrir sa table aux non-membres. Aujourd’hui, les membres peuvent venir avec leurs invités. Demain, des clients qui ne seront ni membres du LPR, ni invités par eux, pourront déjeuner et dîner en semaine comme dans tout restaurant parisien, selon un pourcentage vague, en fonction du nombre de réservations des membres. C’est inadmissible. Certes le restaurateur dont nous apprécions le talent et l’équipe n’est pas aidé par la déco intérieure (merveilleux mur végétal dont l’odeur auraient empêché les Berlinois de sauter d’est en ouest), ni par le cadre depuis la destruction du parterre de fleurs et de sa fontaine, lesquels donnaient au lieu une élégance sans pareille ; cependant une bonne cuisine et une politique de prix raisonnables suffiraient à remplir le restaurant grâce aux 12000 membres et à leurs invités.

Pour conclure sur une note plus gaie, nous vous souhaitons de bonnes vacances, en levant notre verre comme lors de la soirée de lancement du Club-House, ambiance, concert, tout ça très réussi… un verre de rosé quand même à 39 euros la bouteille :)

Sportivement vôtre,

Patrick Pessis.

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